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Un déséquilibre rural/urbain flagrant    
Le long parcours de l’établissement de la carte d’éligibilité des communes du département aux fonds structurels européens n’est pas encore terminé. Après de nombreux propositions échanges entre la Préfecture de l’Aube et celle de la région, suite aux propositions et aménagement des schémas le dossier est maintenant soumis à l’arbitrage de la DATAR. L’Aube qui était déjà parvenue à améliorer de façon significative la carte d’origine, espère récupérer 5000 habitants pour revenir à la proposition initiale de 198 000 habitants.
Cette longue partie de négociation vise à faire valoir, pour chaque département de la Région, les meilleurs arguments pour justifier le besoin de recueillir le maximum des fonds européens. Il est donc important que chacun des décideurs départementaux - dont le Préfet et le Conseil Général - fournissent les arguments les mieux affutés et, lorsqu’il s’agit de choisir les zones à retenir, utilisent les critères les mieux adaptés.
Un déséquilibre rural/urbain flagrant
Notre département , d’un point de vue démographique et économique, présente un déséquilibre énorme : sur 300 000 habitants, la moitié résident dans l’agglomération troyenne où se trouvent également concentrés les 3/4 de l’activité économique. En conséquence, si la population éligible retenue n’est que de 193 000 habitants dont ceux de la quasi totalité des communes de l’agglomération, cela veut dire que 50 000 habitants seulement proviendront du reste du département, donc des zones rurales. Même si quelques chefs-lieux de canton à vocation plutôt rurale et éloignés du centre tirent leur épingle du jeu (Aix en Othe, Estissac, Arcis,…) la majorité du territoire départemental ne pourra bénéficier des aides européennes. Certes, des zones préalablement éligibles (zone 2, zone 5b) pourront encore disposer de quelques aides de manière dégressive pendant 5 ans mais cela ne permettra pas de changer, ni économiquement, ni au plan de l’emploi, une situation déjà bien dégradée. Paradoxalement, certaines de ces régions anciennement à vocation plutôt agricole, ont maintenu voire augmenté leur population. Cependant, cette augmentation ne semble pas être le reflet d’une activité économique en hausse.
La redistribution des zones éligibles auraient pu permettre sinon d’inverser la tendance d’une concentration économique centripète au moins la stopper. Apparemment ce n’est pas le cas et le découpage prévu, même s’il a été jusqu’à la précision des communes, ne facilitera pas la réactivation du milieu rural aubois. "Une finesse d’analyse tenant compte à la fois des zones à risque et des zones à projets "(Libération-Champagne). Ce qui conduit à écarter les communes qui n’ont pas de projet et celles qui n’ont pas de problèmes…
Le poids de la communauté de l’agglomération troyenne
C’est le moment que choisit la CAT pour se transformer en communauté d’agglomération profitant ainsi des nouvelles dispositions sur la coopération intercommunale. Les élus de l’agglomération troyenne ont su neutraliser leurs divergences pour préparer un terrain adapté dans lequel les aides européennes seront un apport fertilisant pour l’augmentation de l’activité économique, les aménagements routiers (aidés par le contrat de plan) augmentant encore l’attractivité.
Devant ce développement prévisible, la ruralité, qui maintient pourtant une situation démographique généralement saine, risque de se retrouver dans des situations difficiles à gérer financièrement. Elle va rencontrer des charges accrues liées à la présence d’une population parfois exigeante, sans avoir les moyens de faire face. L’effet commune-dortoir déjà visible dans un rayon de 20 km autour de l’agglomération troyenne particulièrement risque de s’accentuer. Par ailleurs, le milieu rural, par définition et par vocation, demeure un milieu ouvert qui est souvent assimilé à un nécesaire et apprécié exutoire aux citadins en quête de détente et de repos. Mais jusqu’où pourront aller les élus ruraux dans la gestion communale quand il leur faudra augmenter les dépenses sans pouvoir bénéficier de recettes en contre-partie, que ce soit sous forme d’aides ou de retombées économiques ?
Pourtant, les zones rurales et leurs habitants mériteraient plus d’attention de ceux qui sont chargés de l’aménagement. Plutôt que continuer de vouloir soigner un système qui privilégie le développement urbain, conséquence de la concentration économique, il serait préférable de favoriser la dissémination des activités génératrices d’emplois sur un plus vaste territoire.
Fonds européens et intercommunalité
L’utilisation des fonds européens au profit d’un développement communal n’est pas à la portée de toutes les communes, loin s’en faut. D’une part les projets doivent présenter une certaine importance et la commune doit disposer de capacités financières conséquentes d’autant plus que les aides n’arrivent qu’après coup; d’autre part, une compétence administrative élevée est indispensable pour mener à bien les montages des dossiers, une possibilité dont ne dispose pas toutes les communes. Le cadre intercommunal semble donc la meilleure des solutions pour que le milieu rural, dans ses petites communes puissent bénéficier des aides européennes. Cependant, il n’est pas sûr que toutes les structures intercommunales du département en tirent le plus grand profit. En effet, les communes-centre, membres d’une intercommunalité, auront-elles la possibilité et la volonté de partager des aides que le découpage leur attribue à elles seules ? À contrario, les petites communes membres d’une structure intercommunale ne se verront-elles pas reprocher de vouloir profiter de la situation alors mêmes qu’elles ne drainent aucune aide européenne ? La solidarité des groupements de communes devra être bien vivante pour que chacun des membres puisse bénéficier du développement économique - favorisé par les fonds européens - de la structure.
Ainsi, les aides européennes dont l’attribution aura pris résolument et quasi exclusivement en compte le dynamisme et les capacités des bourgs-centres risquent d’accentuer les difficultés d’une intercommunalité encore bien fragile.
À en juger par les orientations retenues pour la répartition des zones éligibles au fonds européens, les six années à venir ne seront pas marquées par l’aménagement du territoire mais par la concentration de moyens financiers qui favorisera encore la concentration des populations avec tout le cortège des problèmes engendrés et déjà connus. Dès lors, pourquoi vouloir poursuivre la même politique ? Il est certes nécessaire que les zones urbaines se développent mais il est néfaste que cela se fasse au détriment des zones rurales. Comme l’a fait remarquer depuis longtemps déjà François Paour, président de la FNMR, les villes étouffent quand les campagnes ne respirent plus.
Le long parcours de l’établissement de la carte d’éligibilité des communes du département aux fonds structurels européens n’est pas encore terminé. Après de nombreux propositions échanges entre la Préfecture de l’Aube et celle de la région, suite aux propositions et aménagement des schémas le dossier est maintenant soumis à l’arbitrage de la DATAR. L’Aube qui était déjà parvenue à améliorer de façon significative la carte d’origine, espère récupérer 5000 habitants pour revenir à la proposition initiale de 198 000 habitants.
Cette longue partie de négociation vise à faire valoir, pour chaque département de la Région, les meilleurs arguments pour justifier le besoin de recueillir le maximum des fonds européens. Il est donc important que chacun des décideurs départementaux - dont le Préfet et le Conseil Général - fournissent les arguments les mieux affutés et, lorsqu’il s’agit de choisir les zones à retenir, utilisent les critères les mieux adaptés.
Un déséquilibre rural/urbain flagrant
Notre département , d’un point de vue démographique et économique, présente un déséquilibre énorme : sur 300 000 habitants, la moitié résident dans l’agglomération troyenne où se trouvent également concentrés les 3/4 de l’activité économique. En conséquence, si la population éligible retenue n’est que de 193 000 habitants dont ceux de la quasi totalité des communes de l’agglomération, cela veut dire que 50 000 habitants seulement proviendront du reste du département, donc des zones rurales. Même si quelques chefs-lieux de canton à vocation plutôt rurale et éloignés du centre tirent leur épingle du jeu (Aix en Othe, Estissac, Arcis,…) la majorité du territoire départemental ne pourra bénéficier des aides européennes. Certes, des zones préalablement éligibles (zone 2, zone 5b) pourront encore disposer de quelques aides de manière dégressive pendant 5 ans mais cela ne permettra pas de changer, ni économiquement, ni au plan de l’emploi, une situation déjà bien dégradée. Paradoxalement, certaines de ces régions anciennement à vocation plutôt agricole, ont maintenu voire augmenté leur population. Cependant, cette augmentation ne semble pas être le reflet d’une activité économique en hausse.
La redistribution des zones éligibles auraient pu permettre sinon d’inverser la tendance d’une concentration économique centripète au moins la stopper. Apparemment ce n’est pas le cas et le découpage prévu, même s’il a été jusqu’à la précision des communes, ne facilitera pas la réactivation du milieu rural aubois. "Une finesse d’analyse tenant compte à la fois des zones à risque et des zones à projets "(Libération-Champagne). Ce qui conduit à écarter les communes qui n’ont pas de projet et celles qui n’ont pas de problèmes…
Le poids de la communauté de l’agglomération troyenne
C’est le moment que choisit la CAT pour se transformer en communauté d’agglomération profitant ainsi des nouvelles dispositions sur la coopération intercommunale. Les élus de l’agglomération troyenne ont su neutraliser leurs divergences pour préparer un terrain adapté dans lequel les aides européennes seront un apport fertilisant pour l’augmentation de l’activité économique, les aménagements routiers (aidés par le contrat de plan) augmentant encore l’attractivité.
Devant ce développement prévisible, la ruralité, qui maintient pourtant une situation démographique généralement saine, risque de se retrouver dans des situations difficiles à gérer financièrement. Elle va rencontrer des charges accrues liées à la présence d’une population parfois exigeante, sans avoir les moyens de faire face. L’effet commune-dortoir déjà visible dans un rayon de 20 km autour de l’agglomération troyenne particulièrement risque de s’accentuer. Par ailleurs, le milieu rural, par définition et par vocation, demeure un milieu ouvert qui est souvent assimilé à un nécesaire et apprécié exutoire aux citadins en quête de détente et de repos. Mais jusqu’où pourront aller les élus ruraux dans la gestion communale quand il leur faudra augmenter les dépenses sans pouvoir bénéficier de recettes en contre-partie, que ce soit sous forme d’aides ou de retombées économiques ?
Pourtant, les zones rurales et leurs habitants mériteraient plus d’attention de ceux qui sont chargés de l’aménagement. Plutôt que continuer de vouloir soigner un système qui privilégie le développement urbain, conséquence de la concentration économique, il serait préférable de favoriser la dissémination des activités génératrices d’emplois sur un plus vaste territoire.
Fonds européens et intercommunalité
L’utilisation des fonds européens au profit d’un développement communal n’est pas à la portée de toutes les communes, loin s’en faut. D’une part les projets doivent présenter une certaine importance et la commune doit disposer de capacités financières conséquentes d’autant plus que les aides n’arrivent qu’après coup; d’autre part, une compétence administrative élevée est indispensable pour mener à bien les montages des dossiers, une possibilité dont ne dispose pas toutes les communes. Le cadre intercommunal semble donc la meilleure des solutions pour que le milieu rural, dans ses petites communes puissent bénéficier des aides européennes. Cependant, il n’est pas sûr que toutes les structures intercommunales du département en tirent le plus grand profit. En effet, les communes-centre, membres d’une intercommunalité, auront-elles la possibilité et la volonté de partager des aides que le découpage leur attribue à elles seules ? À contrario, les petites communes membres d’une structure intercommunale ne se verront-elles pas reprocher de vouloir profiter de la situation alors mêmes qu’elles ne drainent aucune aide européenne ? La solidarité des groupements de communes devra être bien vivante pour que chacun des membres puisse bénéficier du développement économique - favorisé par les fonds européens - de la structure.
Ainsi, les aides européennes dont l’attribution aura pris résolument et quasi exclusivement en compte le dynamisme et les capacités des bourgs-centres risquent d’accentuer les difficultés d’une intercommunalité encore bien fragile.
À en juger par les orientations retenues pour la répartition des zones éligibles au fonds européens, les six années à venir ne seront pas marquées par l’aménagement du territoire mais par la concentration de moyens financiers qui favorisera encore la concentration des populations avec tout le cortège des problèmes engendrés et déjà connus. Dès lors, pourquoi vouloir poursuivre la même politique ? Il est certes nécessaire que les zones urbaines se développent mais il est néfaste que cela se fasse au détriment des zones rurales. Comme l’a fait remarquer depuis longtemps déjà François Paour, président de la FNMR, les villes étouffent quand les campagnes ne respirent plus.
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