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L'intercommunalité en question    
L’intercommunalité est-elle la solution à la dévitalisation des campagnes ?


A cette question, deux réflexions de fond doivent être examinées, le regroupement des communes et l’aménagement du territoire. Si les deux sont étroitement liées, il ne faudrait cependant pas établir de confusion entre elles et vouloir traiter de l’une sans faire référence à l’autre.
La coopération intercommunale est indispensable à la vie du milieu rural. Nous le savons d’autant mieux qu’elle existe et fonctionne depuis bien longtemps. Mais il serait vain de vouloir penser que par le seul fait d’un réaménagement des structures administratives, le problème de l’aménagement du territoire serait réglé
Assembler des communes sans ressources individuelles n’apportera pas de richesse collective. Même si la compétence économique de la structure intercommunale constituée facilite l’implantation d’activités génératrices d’emplois et de développement, ce n’est pas pour autant que les entreprises vont se précipiter pour garnir les zones intercommunales créées. Ainsi, dans notre département même si quelques exceptions existent, il faut bien reconnaître que l’agglomération troyenne capte 70% de l’activité économique du département et la tendance aura beaucoup de mal à s’infléchir. Conséquence : au plan national, près de 80% de la population occupe seulement 20 % du territoire et pour demain, les experts - qui se tromprent d’ailleurs fréquemment "c’est la chance des poêtes, dit Gilles Dautun", - annoncent 90% sur 10 % du territoire. Dans l’Aube, on n’en est plus très loin : les 140 000 habitants de l’agglomération troyenne, vivent sur à peine 5% du sol aubois. Le "déménagement" du territoire est avant tout une question de dépopulation du milieu rural qui n’est pas récent, certes, mais s’est amplifié dangereusement. Car le mouvement de la population suit le développement des activités économiques que suit à son tour l’augmentation des services offerts qu’ils soient publics ou privés. C’est là une attractivité supplémentaire pour les citoyens en quête de facilités de vie. Qui pourrait leur reprocher ?
Tant que ce mouvement ne sera pas inversé, ce n’est pas le regroupement des communes qui changera quelque chose. Au contraire. Nous risquons de glisser vers un regroupement administratif à l’échelon de l’arrondissement, genre "Pays", une structure nouvelle préconisée par la loi Voynet. Si tel était le cas, le problème serait alors réglé pour nos technocrates qui continuent de professer que 36000 communes en France, c’est beaucoup trop puisque autant que le nombre de communes de l’ensemble des États de l’Union Européenne. Ouais ! Mais demandez donc à un citoyen allemand ou belge ce qu’il pense de la suppression administrative de sa commune de résidence alors qu’il doit effectuer, sans compensation, un déplacement de plusieurs dizaines de km pour aller chercher le document administartif que chaque mairie française peut actuellement fournir aux habitants de la commune ! Notre administration républicaine et communale offre encore aux citoyens un service de proximité qu’il serait aberrant et dangereux de vouloir supprimer.
Il n’est pas (encore) question d’opposer ville et campagne mais il faut bien reconnaître que, l’équité n’est pas de mise entre elles, tant pour les ressources économiques que pour la facilité d’accès aux services d’État. Or, l’aménagement du territoire national passe obligatoirement par la revitalisation du milieu rural. Ce ne sera donc que par des dispositions réglementaires, législatives et incitatives basées sur une solidarité nationale mais aussi locale que le transfert de ressources s’établira des villes vers les campagnes. L’ une et l’autre ont des besoins qu’elles sont capables de satisfaire mutuellement et solidairement.
À long terme, le vide économique ne peut profiter aux agglomérations car elles auront toujours besoin de cet exutoire que représente l’espace rural dont il faut pas oublier qu’il est la somme de propriétés privés de citoyens et de communes. La campagne ne peut être considérée comme un grand jardin public ouvert aux activités dominicales ludiques ou sportives des citadins car ce serait oublier que la ruralité entretient ses espaces sans recevoir de contreparties suffisantes de ceux qui la traversent.
Par le passé, l’activité économique locale des villages leur permettait de vivre sans trop de problèmes et de régler leurs dépenses en prélevant leur ressources fiscales.La situation actuelle n’est plus la même et aujourd’hui les communes doivent assumer des dépenses sans avoir pour autant les recettes compensatoires à mettre sur l’autre plateau de la balance. La résolution de cette difficile équation est avant tout dans les possibilités du législateur quelle que soit sa couleur politique. Cependant, il faut bien reconnaître que le poids politique n’est pas particulièrement du côté des ruraux.
L’intercommunalité est-elle la solution à la dévitalisation des campagnes ?


A cette question, deux réflexions de fond doivent être examinées, le regroupement des communes et l’aménagement du territoire. Si les deux sont étroitement liées, il ne faudrait cependant pas établir de confusion entre elles et vouloir traiter de l’une sans faire référence à l’autre.
La coopération intercommunale est indispensable à la vie du milieu rural. Nous le savons d’autant mieux qu’elle existe et fonctionne depuis bien longtemps. Mais il serait vain de vouloir penser que par le seul fait d’un réaménagement des structures administratives, le problème de l’aménagement du territoire serait réglé
Assembler des communes sans ressources individuelles n’apportera pas de richesse collective. Même si la compétence économique de la structure intercommunale constituée facilite l’implantation d’activités génératrices d’emplois et de développement, ce n’est pas pour autant que les entreprises vont se précipiter pour garnir les zones intercommunales créées. Ainsi, dans notre département même si quelques exceptions existent, il faut bien reconnaître que l’agglomération troyenne capte 70% de l’activité économique du département et la tendance aura beaucoup de mal à s’infléchir. Conséquence : au plan national, près de 80% de la population occupe seulement 20 % du territoire et pour demain, les experts - qui se tromprent d’ailleurs fréquemment "c’est la chance des poêtes, dit Gilles Dautun", - annoncent 90% sur 10 % du territoire. Dans l’Aube, on n’en est plus très loin : les 140 000 habitants de l’agglomération troyenne, vivent sur à peine 5% du sol aubois. Le "déménagement" du territoire est avant tout une question de dépopulation du milieu rural qui n’est pas récent, certes, mais s’est amplifié dangereusement. Car le mouvement de la population suit le développement des activités économiques que suit à son tour l’augmentation des services offerts qu’ils soient publics ou privés. C’est là une attractivité supplémentaire pour les citoyens en quête de facilités de vie. Qui pourrait leur reprocher ?
Tant que ce mouvement ne sera pas inversé, ce n’est pas le regroupement des communes qui changera quelque chose. Au contraire. Nous risquons de glisser vers un regroupement administratif à l’échelon de l’arrondissement, genre "Pays", une structure nouvelle préconisée par la loi Voynet. Si tel était le cas, le problème serait alors réglé pour nos technocrates qui continuent de professer que 36000 communes en France, c’est beaucoup trop puisque autant que le nombre de communes de l’ensemble des États de l’Union Européenne. Ouais ! Mais demandez donc à un citoyen allemand ou belge ce qu’il pense de la suppression administrative de sa commune de résidence alors qu’il doit effectuer, sans compensation, un déplacement de plusieurs dizaines de km pour aller chercher le document administartif que chaque mairie française peut actuellement fournir aux habitants de la commune ! Notre administration républicaine et communale offre encore aux citoyens un service de proximité qu’il serait aberrant et dangereux de vouloir supprimer.
Il n’est pas (encore) question d’opposer ville et campagne mais il faut bien reconnaître que, l’équité n’est pas de mise entre elles, tant pour les ressources économiques que pour la facilité d’accès aux services d’État. Or, l’aménagement du territoire national passe obligatoirement par la revitalisation du milieu rural. Ce ne sera donc que par des dispositions réglementaires, législatives et incitatives basées sur une solidarité nationale mais aussi locale que le transfert de ressources s’établira des villes vers les campagnes. L’ une et l’autre ont des besoins qu’elles sont capables de satisfaire mutuellement et solidairement.
À long terme, le vide économique ne peut profiter aux agglomérations car elles auront toujours besoin de cet exutoire que représente l’espace rural dont il faut pas oublier qu’il est la somme de propriétés privés de citoyens et de communes. La campagne ne peut être considérée comme un grand jardin public ouvert aux activités dominicales ludiques ou sportives des citadins car ce serait oublier que la ruralité entretient ses espaces sans recevoir de contreparties suffisantes de ceux qui la traversent.
Par le passé, l’activité économique locale des villages leur permettait de vivre sans trop de problèmes et de régler leurs dépenses en prélevant leur ressources fiscales.La situation actuelle n’est plus la même et aujourd’hui les communes doivent assumer des dépenses sans avoir pour autant les recettes compensatoires à mettre sur l’autre plateau de la balance. La résolution de cette difficile équation est avant tout dans les possibilités du législateur quelle que soit sa couleur politique. Cependant, il faut bien reconnaître que le poids politique n’est pas particulièrement du côté des ruraux.
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