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Assemblée Générale 2006
Article paru dans L'EST ECLAIR
Les maires en ont marre
Les membres de l'association des maires ruraux de l'Aube se disent très inquiets face à la disparition des services publics et à l'accroissement des charges qui leurs sont dévolues. .
Ce n'est pas la première fois que les maires ruraux de l'Aube ruent dans les brancards. C'est même devenu une tradition lors de leur assemblée générale. Pour autant, les problèmes soulevés, singulièrement en matière de services publics, d'aménagement du territoire, ou de responsabilités des élus, sont le plus souvent marqués au coin du bon sens.
Samedi matin, les sujets de mécontentement ne manquaient pas lors de l'assemblée organisée à Mesnil saint Père. La question majeure reste évidemment celle du maintien des services publics en miliue rural. Si le président Denis Mailier estime que "la concertation est correcte" avec les services de la Poste lors des réorganisations, d'autres élus s'inquiètent. Ainsi, le maire de Plancy, James Lionnet, qui se bat pour le maintien de ce qu'il espère encore être un service public. "Dans nos villages, on n'a pas de banque, pas de distributeur de billets, pas de commerce. Si en plus on n' a plus la Poste, alors on va crever", lance t-il.
Les maires aimeraient bien en parler avec les parlementaires, ceux qui votent les lois. "Mais on ne les voit pas, ou bien ils utilisent la langue de bois pour nous répondre", constatent les élus. "On voit bien le résultat avec la diminution du fonds destiné au maintien des services postaux en milieu rural", surenchérit Serge Spilmann, le maire de Courteranges qui reconnaît toutefois l'obligation faite aujourd'hui à la Poste d'équilibrer ses comptes. "La Poste subit la situation. Elle n'a pas le choix", poursuit James Lionnet qui regrette quand même que le relais point commerçant à Pouan les Vallées se situe "dans un bistro". "Certains sont gênés d'aller dans un bar pour effectuer une opération postale", rapporte t-il.
Les fermetures ne concernent pas seulement les services de la Poste. "On veut fermer certaines trésoreries. Et puis ce sont aussi les gendarmeries qui ferment", explique Janine Pescarolo, maire de la Loge aux Chèvres. Et de citer celle de Vendeuvre "où les gendarmes viennent dormir", ou celle de ramerupt et de Méry qui ferment certains jours. Inquiétudes encore en matière de sécurité. Car les maires sont désormais appelés à devenir coordonateurs en la matière et " à prendre à bras le corps les problèmes de délinquance". "Sauf que si un jour il y a un problème, alors ça va tomber sur le maire qui pourrait bien aller au pénal. Un texte prévoit même que le maire devra admonester les mineurs qui font des bêtises en présence de leurs parents", explique Serge Spilmann. Tandis que James Lionnet souhaite le retour du garde champêtre pour mener un vrai travail de prévention.
Le maire de Maraye en Othe, Jean Verriele, constate en effet que la délinquance ne se limite pas aux villes. "Dans les villages, c'est la canaille qui règne. Les gendarmes sont débordés. Quand on intervient et qu'une amende est infligée, on est ensuite constamment embêté. Je vois monter la délinquance dans l'école, à la cantine, dans les ramassages scolaires. Il faut rétablir les gendarmeries dans les cantons, et avec de vrais effectifs. Sinon, on ne pourra pas s'en sortir", affirme Jean Verriele.
Le maire de Plancy raconte qu'il "en a mis deux" à un jeune qui l'avait traité de "vieux con". Durant l'été, toutes les nuits, il circule dans sa commune pour demander aux jeunes de laisser les gens dormir en paix. "Si en plus on doit intervenir la nuit, il n'y aura bientôt plus de vie de famille", estime t-il.
Tout cela pour dire que le poste de maire n'est pas toujours enviable. "Globalement, nous sommes confrontés à gérer un problème quasi insurmontable. Plus de temps passé, plus de responsabilités et moins de moyens financiers", résume Denis Mailier. "Difficile de faire mieux pour décourager les élus que nous sommes", conclut-il.
J.F.L
L'Assemblée en brèves....
Relais: Pascale Noley, secrétaire de la mairie de Bouilly, est chargée par l'association des maires ruraux de l'Aube de relancer le réseau entre les secrétaires de mairie. Elle joue aussi le rôle de relais entre ces derniers et les élus.
Cotisation : Après une légère augmentation l'an dernier, la cotisation demandée cette année aux communes rurales reste à 100 €.
Mille chaudières: Satisfaction du sénateur Yann Gaillard de voir les maires ruraux s'intéresser aux énergies renouvelables, notamment au bois-énergie. Il rappelle, au titre de président national des communes forestières, que le nouveau contrat de plan Etat - ONF intègre le projet des mille chaudières à bois en milieu rural.
Maison économique: Le maire de Meurville, Jean Luc PION, est venu faire le point sur les diverses perspectives en matière d'énergies renouvelables. L'occasion de rappeler qu'une bonne orientation d'une maison, alliée à la plantation d'arbres à feuilles caduques devant la façade, peut engendrer des économies de plus de 30 %. Il paraît même qu'en Suisse, il existe de maisons uniquement chauffées par ..la chaleur humaine.
Démobilisation: Le principe des alertes sélectives pour appeler les sapeurs pompiers des centres de première intervention ne semble pas très bien perçu du coté de Luyères. "A quoi bon se former autant si c'est juste pour aller chercher des nids de guêpe et si les pompiers de Troyes sont là bien avant nous", explique le maire Serge Hibon.
Deux sujets importants évoqués par le président n'ont pas été repris par la presse locale:
1. Le financement des écoles privées: "La scolarisation d'un enfant dans une école privée est l'expression de la liberté de choix de l'enseignement par les familles. C'est donc à celles-ci de financer leur choix. Autrement,cela aurait pour conséquences de menacer les finances des communes rurales et de mettre à mal les efforts importants qu'elles ont consentis en faveur du maintien de la qualité de leurs écoles publiques. Nous appelons donc les maires ruraux à ne pas régler les factures qui leur seront adressées sauf évidemment accords locaux préalables. Si vous êtes concernés, faites nous part de vos difficultés".
2. La réforme de la DDE: "Actuellement, Monsieur le Directeur de l'Equipement assisté de ses collaborateurs, organise des réunions par secteur pour nous expliquer cette réforme. "Une nouvelle organisation pour mieux répondre à vos attentes" peut-on lire dans les documents distribués lors de ces réunions. Est ce que la DDE nous a demandé quelles étaient nos attentes ? J'en doute fort. Toujours est-il que je ne retiendrai qu'une chose de cette réforme. Les documents d'urbanisme (essentiellement permis de construire) seront traités de A à Z par la commune. Nous aurons un mois pour le faire et le dossier devra être complet. Nous suivrons une formation pour faire ce travail. Plus de temps passé, plus de responsabilités, nous sommes devenus fonctionnaires de la DDE sans aucune compensation financière bien entendu. Je ne crois pas cela soit une réponse à nos attentes"

Assemblée Générale 2006
Article paru dans L'EST ECLAIR
Les maires en ont marre
Les membres de l'association des maires ruraux de l'Aube se disent très inquiets face à la disparition des services publics et à l'accroissement des charges qui leurs sont dévolues. .
Ce n'est pas la première fois que les maires ruraux de l'Aube ruent dans les brancards. C'est même devenu une tradition lors de leur assemblée générale. Pour autant, les problèmes soulevés, singulièrement en matière de services publics, d'aménagement du territoire, ou de responsabilités des élus, sont le plus souvent marqués au coin du bon sens.
Samedi matin, les sujets de mécontentement ne manquaient pas lors de l'assemblée organisée à Mesnil saint Père. La question majeure reste évidemment celle du maintien des services publics en miliue rural. Si le président Denis Mailier estime que "la concertation est correcte" avec les services de la Poste lors des réorganisations, d'autres élus s'inquiètent. Ainsi, le maire de Plancy, James Lionnet, qui se bat pour le maintien de ce qu'il espère encore être un service public. "Dans nos villages, on n'a pas de banque, pas de distributeur de billets, pas de commerce. Si en plus on n' a plus la Poste, alors on va crever", lance t-il.
Les maires aimeraient bien en parler avec les parlementaires, ceux qui votent les lois. "Mais on ne les voit pas, ou bien ils utilisent la langue de bois pour nous répondre", constatent les élus. "On voit bien le résultat avec la diminution du fonds destiné au maintien des services postaux en milieu rural", surenchérit Serge Spilmann, le maire de Courteranges qui reconnaît toutefois l'obligation faite aujourd'hui à la Poste d'équilibrer ses comptes. "La Poste subit la situation. Elle n'a pas le choix", poursuit James Lionnet qui regrette quand même que le relais point commerçant à Pouan les Vallées se situe "dans un bistro". "Certains sont gênés d'aller dans un bar pour effectuer une opération postale", rapporte t-il.
Les fermetures ne concernent pas seulement les services de la Poste. "On veut fermer certaines trésoreries. Et puis ce sont aussi les gendarmeries qui ferment", explique Janine Pescarolo, maire de la Loge aux Chèvres. Et de citer celle de Vendeuvre "où les gendarmes viennent dormir", ou celle de ramerupt et de Méry qui ferment certains jours. Inquiétudes encore en matière de sécurité. Car les maires sont désormais appelés à devenir coordonateurs en la matière et " à prendre à bras le corps les problèmes de délinquance". "Sauf que si un jour il y a un problème, alors ça va tomber sur le maire qui pourrait bien aller au pénal. Un texte prévoit même que le maire devra admonester les mineurs qui font des bêtises en présence de leurs parents", explique Serge Spilmann. Tandis que James Lionnet souhaite le retour du garde champêtre pour mener un vrai travail de prévention.
Le maire de Maraye en Othe, Jean Verriele, constate en effet que la délinquance ne se limite pas aux villes. "Dans les villages, c'est la canaille qui règne. Les gendarmes sont débordés. Quand on intervient et qu'une amende est infligée, on est ensuite constamment embêté. Je vois monter la délinquance dans l'école, à la cantine, dans les ramassages scolaires. Il faut rétablir les gendarmeries dans les cantons, et avec de vrais effectifs. Sinon, on ne pourra pas s'en sortir", affirme Jean Verriele.
Le maire de Plancy raconte qu'il "en a mis deux" à un jeune qui l'avait traité de "vieux con". Durant l'été, toutes les nuits, il circule dans sa commune pour demander aux jeunes de laisser les gens dormir en paix. "Si en plus on doit intervenir la nuit, il n'y aura bientôt plus de vie de famille", estime t-il.
Tout cela pour dire que le poste de maire n'est pas toujours enviable. "Globalement, nous sommes confrontés à gérer un problème quasi insurmontable. Plus de temps passé, plus de responsabilités et moins de moyens financiers", résume Denis Mailier. "Difficile de faire mieux pour décourager les élus que nous sommes", conclut-il.
J.F.L
L'Assemblée en brèves....
Relais: Pascale Noley, secrétaire de la mairie de Bouilly, est chargée par l'association des maires ruraux de l'Aube de relancer le réseau entre les secrétaires de mairie. Elle joue aussi le rôle de relais entre ces derniers et les élus.
Cotisation : Après une légère augmentation l'an dernier, la cotisation demandée cette année aux communes rurales reste à 100 €.
Mille chaudières: Satisfaction du sénateur Yann Gaillard de voir les maires ruraux s'intéresser aux énergies renouvelables, notamment au bois-énergie. Il rappelle, au titre de président national des communes forestières, que le nouveau contrat de plan Etat - ONF intègre le projet des mille chaudières à bois en milieu rural.
Maison économique: Le maire de Meurville, Jean Luc PION, est venu faire le point sur les diverses perspectives en matière d'énergies renouvelables. L'occasion de rappeler qu'une bonne orientation d'une maison, alliée à la plantation d'arbres à feuilles caduques devant la façade, peut engendrer des économies de plus de 30 %. Il paraît même qu'en Suisse, il existe de maisons uniquement chauffées par ..la chaleur humaine.
Démobilisation: Le principe des alertes sélectives pour appeler les sapeurs pompiers des centres de première intervention ne semble pas très bien perçu du coté de Luyères. "A quoi bon se former autant si c'est juste pour aller chercher des nids de guêpe et si les pompiers de Troyes sont là bien avant nous", explique le maire Serge Hibon.
Deux sujets importants évoqués par le président n'ont pas été repris par la presse locale:
1. Le financement des écoles privées: "La scolarisation d'un enfant dans une école privée est l'expression de la liberté de choix de l'enseignement par les familles. C'est donc à celles-ci de financer leur choix. Autrement,cela aurait pour conséquences de menacer les finances des communes rurales et de mettre à mal les efforts importants qu'elles ont consentis en faveur du maintien de la qualité de leurs écoles publiques. Nous appelons donc les maires ruraux à ne pas régler les factures qui leur seront adressées sauf évidemment accords locaux préalables. Si vous êtes concernés, faites nous part de vos difficultés".
2. La réforme de la DDE: "Actuellement, Monsieur le Directeur de l'Equipement assisté de ses collaborateurs, organise des réunions par secteur pour nous expliquer cette réforme. "Une nouvelle organisation pour mieux répondre à vos attentes" peut-on lire dans les documents distribués lors de ces réunions. Est ce que la DDE nous a demandé quelles étaient nos attentes ? J'en doute fort. Toujours est-il que je ne retiendrai qu'une chose de cette réforme. Les documents d'urbanisme (essentiellement permis de construire) seront traités de A à Z par la commune. Nous aurons un mois pour le faire et le dossier devra être complet. Nous suivrons une formation pour faire ce travail. Plus de temps passé, plus de responsabilités, nous sommes devenus fonctionnaires de la DDE sans aucune compensation financière bien entendu. Je ne crois pas cela soit une réponse à nos attentes"

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